Portrait des membres du Cercle: Maxim Wuersch

Si Olivier Meuwly a dressé le portrait de grandes figures vaudoises, le CDL vous propose une série de portraits de ses membres, qui gagnent à être connus, de leur vivant.

Rencontre avec Maxim Wuersch, 29 ans, membre du CDL depuis environ 4 ans, un libéral humaniste et philanthrope au look de dandy.

Maxim, économiste d’entreprise, travaille pour Insertion Vaud. C’est aussi le fondateur de la marque Monsieur Papillon, projet entrepreneurial de création de nœuds pap’ faits en Suisse.

Que faites-vous?

Je suis chargé de relations publiques pour Insertion Vaud, l’association faîtière des organismes d’insertion vaudois. Mon but est de rapprocher des entreprises et ces organismes afin de générer davantage d’opportunités de placement pour les bénéficiaires de l’aide sociale. C’est parfois difficile d’entrer en contact avec les patrons, surtout quand ils n’ont jamais employé de personne en réinsertion, notamment en raison des préjugés négatifs qu’il peut y avoir à ce sujet. Mais s’ils ont déjà une expérience de collaboration avec un organisme d’insertion, c’est plus facile. Les bénéficiaires sont généralement très motivés. Souvent, ils n’attendent que ça, qu’on leur offre la chance de faire un stage ou un apprentissage. Dans l’ensemble, les employeurs et employés sont heureux des collaborations que l’on met en place.

Quant à mon activité parallèle, Monsieur Papillon, je vois ça comme un hobby, commencé en 2015. Je crée les modèles de nœuds papillon et choisis les tissus, puis je soustraite la confection à Créature, un atelier de couture à Genève, qui collabore avec plusieurs jeunes créateurs. Cette entreprise emploie des femmes en réinsertion ou victimes de violences et les aide à se réinsérer professionnellement. Les emballages sont réalisés chez Polyval, une autre entreprise de réinsertion sociale située à Cheseaux-sur-Lausanne. Une fois le nœud papillon produit, je me charge de la vente et de la représentation via mon site internet ou en collaborant avec plusieurs revendeurs.

Quel est votre parcours?

J’ai suivi un parcours faisant la part belle à notre système de formation flexible et perméable, du CFC d’employé de commerce à la Matu Pro, puis la Haute Ecole de Gestion, afin de devenir économiste d’entreprise.

En ce qui concerne la couture, j’ai suivi quelques cours avec une couturière avant de lancer mon entreprise, mais je préfère sous-traiter la confection parce que coudre un nœud papillon, c’est long et difficile, et j’admire le talent des couturières qui font ça mieux que moi.

Pourquoi avoir lancé Monsieur Papillon?

A la base, j’aime porter des nœuds pap’ et j’ai eu envie de fabriquer mes propres accessoires, plus que de les vendre. Je cherche avant tout à réaliser de belles créations plus qu’à faire du bénéfice. Mes nœuds sont originaux, abordables, en séries limitées et de qualité. De plus, ils sont produits localement et soutiennent des projets sociaux. Pour les magasins, je choisis des lieux qui ont une âme, qui m’ont plu avant de me servir de lieux de vente.

Ce que je recherche avant tout, c’est à faire plaisir à mes clients. J’aime la proximité avec mes clients et mes revendeurs qui sont aussi des amis. Je me souviens d’un client qui avait eu mon numéro par notre barbier commun. Il me téléphone le mardi en me disant qu’il doit se rendre en Turquie en fin de semaine pour un mariage. Ça a été la course mais je me suis débrouillé pour lui apporter sa commande sur le quai de la gare de Genève. J’ai ensuite reçu des photos de ce client à ce mariage, portant mon nœud pap’.

Et quel conseil donneriez-vous à un jeune qui voudrait se lancer?

Il faut croire à son idée et tout donner. Je n’ai pas compté les heures de travail et les nuits blanches. C’est plus un investissement de temps et d’énergie que financier. Mais il est vrai que je ne cherche pas le profit.

Vous êtes membre du CDL. Pour vous, c’est quoi le Cercle et que vous apporte-t-il?

Spontanément, l’art du bien manger et du bien boire dans une ambiance sympathique et intergénérationnelle. J’ai d’ailleurs fait rentrer ma mère au Cercle. J’aime ce sentiment d’appartenance, j’y retrouve de vrais amis et j’y rencontre des gens avec qui je partage les mêmes centres d’intérêt.

J’étais actif aux Jeunes Libéraux Radicaux. Un ami m’a invité à y entrer en me disant « Viens, c’est sympa ». Je m’y suis peut-être intéressé au début pour le réseautage et par curiosité. Mais c’est la convivialité et la philosophie du Cercle qui m’ont convaincues d’y adhérer. J’ai depuis abandonné la politique et quitté le comité du parti, mais je suis resté au Cercle.

Historiquement, l’aspect du CDL qui me tient à cœur est son rôle d’assurance et d’espace d’entraide mutuelle. Un groupe solidaire, d’aide et de soutien. D’ailleurs, la permanence juridique et la commission santé-social tiennent encore aujourd’hui ce rôle. Aujourd’hui, ce sont les assurances sociales étatiques qui jouent le rôle que tenait le Cercle à l’origine. Mais je sais que si un jour un membre a un problème, se retrouve dans le besoin, le Cercle et ses membres seront là pour l’aider.

Aujourd’hui, je pense que le CDL doit continuer à inciter la population à la participation politique et à l’exercice des droits de citoyens, comme à l’origine. Il doit continuer à servir de lieu de rencontre et d’entraide, un peu comme un club service qui œuvrerait pour la démocratie et le pays de Vaud.

Les nœuds de Monsieur Papillon peuvent être assortis à des pochettes. Le site propose un tutoriel de nouage mais Maxim a pensé à tout et vend également des pré-noués.

On peut trouver ses créations chez Monsieur Alain, une boutique lausannoise de vêtements masculins, chez son barbier, Wood, à Genève, ainsi qu’à Grandson, chez RP Styles. On peut également commander sur son site internet, https://www.monsieurpapillon.ch.

Frédéric-César de La Harpe (1754-1838)

L’ambiance est lourde du côté de Vienne en ce mois de décembre 1814. Après la parenthèse des Cent-Jours, le Congrès convoqué pour régenter l’Europe postnapoléonienne a repris ses travaux, qu’il est sur le point d’achever. Reste le cas complexe de la Suisse, si divisée. Que faire, par exemple, du canton de Vaud, souverain depuis 1803?

Les Bernois cherchent à récupérer leur « cellier » lémanique… mais le canton se rebiffe! La résistance s’organise autour de Frédéric-César de La Harpe, né à Rolle en 1854. Avocat de formation, il est ambitieux, qualité guère prisée sous la férule bernoise. Il accepte alors de devenir précepteur d’un prince russe, puis de partir à Saint-Pétersbourg pour s’occuper des petits-fils de la Grande Catherine. L’un d’eux deviendra tsar sous le nom d’Alexandre Ier et une amitié profonde unira le maître et l’élève.

Homme des Lumières, La Harpe entre en politique à travers une affaire familiale. Son cousin Amédée, général de Bonaparte, participé aux frémissements de la Révolution vaudoise, dès 1790. Les Bernois sont rancuniers: la mort tragique d’Amédée à peine connue, ils exproprient ses descendants. Frédéric-César court à Paris, prend langue avec les autorités républicaines, défend les droits de sa famille et prépare avec ses interlocuteurs la libération de son canton. Elle surviendra en 1798. Avoir ouvert les portes de la Suisse aux Français lui sera longtemps reproché…

Pour l’heure, La Harpe n’en a cure: il s’engage en faveur de la République helvétique une et indivisible désormais en place: Vaud est l’égal de Berne! Il entre même au gouvernement mais, impatient, veut accélérer les réformes. Il fomente un coup d’Etat en 1800, qui est éventé. Arrêté, il s’évade de façon rocambolesque et se réfugie à Paris, mais avec interdiction absolue de s’exprimer sur les affaires de son pays…

La Harpe revient aux affaires dans le sillage d’Alexandre, avec lequel il n’avait cessé de correspondre. Alors que les Russes approchent de la France, il rejoint son ancien élève et deviendra l’un de ses plus proches conseillers, aux heures chaudes de la liquidation de l’Empire napoléonien. Ambassadeur officieux de son canton à Vienne, il arrivera à ses fins: le canton est sauvé, malgré la mauvaise humeur des Bernois et de Metternich…

De retour en Suisse, il s’installe à Lausanne, appuie les autorités vaudoises, participe au développement de l’Académie, puis prend ses distances du conservatisme buté affiché par le Conseil d’Etat. Grand lecteur de Benjamin Constant, il entre au Grand Conseil et prend sous son aile le jeune mouvement libéral. Ancien républicain centralisateur, il adhère au fédéralisme, vecteur désormais essentiel de la liberté individuelle. Il meurt en 1838, à son domicile de la Rue Marterey.

  • O. Meuwly (dir.), Frédéric-César de La Harpe 1754-1838, Bibliothèque historique vaudoise, Lausanne, 2011
  • O. Meuwly, Frédéric-César de La Harpe citoyen de Rolle, Commune de Rolle, 2011 (peut être obtenu gratuitement auprès du secrétariat municipal de la commune)

Bulletin no. 3/17 – Septembre 2017

Bulletin no. 3/2017 – Septembre 2017 (2.6 Mo)

EDITORIAL
Un chasseur sachant chasser sans…

RENDEZ-VOUS CULTUREL
Atelier de céramique, chez Mme Patricia Glave, le 12 septembre 2017

SORTIE D’AUTOMNE
Le Tyrol autrichien, du 29 septembre au 1er octobre 2017

ATELIER SANTÉ & SOCIAL
Visite « agrumiculteur », chez Niels Rodin, le 7 octobre 2017

DOSSIER SPÉCIAL SUR LA CHASSE
La chasse: un art de vivre!
Recette de médaillon de chevreuil et sauce de poivrade

DROIT AU BUT
Mon garagiste m’a mis en poursuite!

LES JEUNES ONT LA PAROLE
Accord-cadre Suisse-UE: le renouveau de la voie bilatérale

VUE DU CONSEIL
Lausanne – Jardins 2019, et après…?

CONCOURS SANTÉ & SOCIAL
Les agrumes

LES GRANDES FIGURES DU CANTON DE VAUD
Frédéric-César de La Harpe

TIR
Dates d’entraînement 2017 – 2018

CALENDRIER

Antoine-Henri Jomini (1779-1869)

Né en 1779 à Payerne, Antoine-Henri Jomini grandit dans une famille de la bonne bourgeoisie locale. Dans l’impossibilité d’entrer dans une école militaire, il entame une formation commerciale et se forme à l’art de la guerre en autodidacte. Il revêt la charge de secrétaire du ministre de la guerre de la République helvétique en 1798.

A peine l’Acte de Médiation proclamé, il est repéré, en 1803, par le maréchal Ney, qui l’aide à publier ses premiers ouvrages. Jomini entre alors à son service comme volontaire avant de voir sa renommée croître rapidement. Accueilli dans l’état-major de Napoléon, où il obtient le grade de général de brigade, il est fait baron d’empire en 1808, mais subit une cruelle désillusion lorsque lui échappe le grade de général divisionnaire. Son bourreau, Berthier, comme le subodorera Sainte-Beuve en 1869, devinait peut-être dans le Vaudois un possible rival…

Jomini franchit alors un pas décisif: après la bataille de Bautzen, il quitte le service de l’empereur des Français pour passer à celui du tsar de toutes les Russies… Entouré d’honneurs, il devient aide de camp d’Alexandre Ier, puis conseiller privé de Nicolas Ier et enfin précepteur militaire du futur Alexandre II. Il fondera également l’Académie militaire russe.

Son adhésion à l’absolutisme est-elle totalement surprenante? Brièvement républicain dans sa jeunesse, Jomini est avant tout épris de stabilité et, en politique, il la perçoit dans une monarchie de type héréditaire… mais pas aveugle.

Jomini, qui conservera toujours son admiration pour Napoléon, souhaite une monarchie adossée à une loi fondamentale. Si l’acte électoral lui paraît un non-sens, il estime que la nation a droit à une partie du pouvoir, par exemple par l’intermédiaire d’une Chambre des pairs. De même, il refuse la censure. S’il redoute un presse « déchaînée », il ne peut accepter une presse « enchaînée ».

Mais il n’abandonne jamais son œuvre de théoricien militaire. Loin des arabesques abstraites de Clausewitz, Jomini dessine une conception de la conduite stratégique enchâssée dans la réalité des rapports de force internationaux. Il plaide pour la concentration des forces, sur les points névralgique du combat, et s’intéresse aux contraintes liées à la logistique, concept alors assez récent auquel il donnera ses lettres des noblesse. Son approche pragmatique de la guerre lui vaudra une audience, encore actuelle, aux Etats-Unis… quand bien même il reste fort respecté en Russie!

  • Le documentaire « Le Général Jomini », réalisé en Rusie par Constantin Kozlov, a été présenté à Pully et à Payerne en mai 2014 à l’occasion du bicentenaire des relations helvéto-russes
  • Deux publications récentes sur Jomini: Ami-Jacques Rapin, Guerre, politique, stratégie et tactique chez Jomini, 2014; Charles-Augustin de Sainte-Beuve, Le général Jomini : étude, réédité en 2014 par les Editions du Polémarque à Nancy (avec une introduction de David Auberson)