1er décembre 2007 dès 9h00: Colloque sur Ferdinand Lecomte

Qui se souvient de Ferdinand Lecomte? Hélas, plus grand monde. Pourtant, ce militaire de carrière, né en 1826 et mort en 1899, offre l’une des trajectoires les plus étonnantes du 19ème siècle vaudois. Proche des radicaux, il ne dépassera pas le rang de conseiller communal à Lausanne. Il sera cependant actif dans les coulisses de la politique et participera à l’organisation de plusieurs campagnes du parti radical, entre 1850 et 1860. Sous-préfet de Lausanne, membre de l’organisme gouvernant la capitale vaudoise lors de la mise sous régie de celle-ci en 1856, bibliothécaire cantonal, il est appelé en 1875 à la Chancellerie du canton. Mais Lecomte est avant tout un militaire et un écrivain. Colonel divisionnaire, membre de l’Etat-major de McClellan pendant la Guerre de Sécession, il écrit la première biographie du général Jomini, ainsi que de nombreux ouvrages portant sur les différents conflits armés qui déchirent l’Europe durant la seconde moitié du 19ème siècle.

C’est pour approfondir les multiples facettes de ce personnage extraordinaire que le Cercle démocratique, en association avec le Centre d’histoire et de prospective militaires (CHPM), a décidé de consacrer un colloque scientifique à Ferdinand Lecomte, le samedi 1er décembre 2007 dès 9h00, au centre Verte-Rive, av. Général-Guisan à Pully. Une dizaine de chercheurs, jeunes ou bien connus à l’instar de Georges Andrey, Gilbert Coutaz ou Jean-Jacques Langendorf, aborderont la vie à rebondissements de cet illustre mais trop méconnu Vaudois.

Au terme de cette journée vouée à l’histoire, vous pourrez, dès 16h30, participer à l’apéritif de la Saint Nicolas du CHPM, avant de vous rendre au Lausanne-Palace, pour la traditionnelle soirée de fin d’année du CDL!

Programme

9h30 Accueil
Par Pascal Petter, président du CDL et le Brig. Michel Chabloz, président du CHPM

9h45 Ferdinand Lecomte : une existence aussi méconnue que mouvementée
Par Guy Le Comte, historien

10h05 Ferdinand Lecomte, l’un des piliers du radicalisme vaudois
Par Olivier Meuwly, historien

10h25 Ferdinand Lecomte et le journal satirique La Guêpe
Par Georges Andrey, historien, Université de Fribourg

10h45 Pause

11h15 Ferdinand Lecomte, chancelier de l’Etat de Vaud
Par Gilbert Coutaz, directeur des Archives cantonales vaudoises

11h35 Ferdinand Lecomte, fondateur et directeur de la Revue militaire suisse
Par Hervé de Weck, ancien rédacteur en chef de la Revue militaire suisse

11h55 Discussion

12h30 Collation

14h00 Ferdinand Lecomte et la question des fortifications dans les années 1880
Par Dimitry Queloz, historien, Université de Neuchâtel

14h20 Ferdinand Lecomte, biographe du Général Jomini
Par David Auberson, étudiant ès lettres UNIL

14h40 Ferdinand Lecomte et la Guerre de Sécession
Par David von Felten, historien

15h00 Pause

15h30 Ferdinand Lecomte et les Orléans
Par Nicolas Gex, étudiant ès lettres

15h50 Ferdinand Lecomte, analyste des guerres européennes de la seconde moitié du XIXe siècle
Par Jean-Jacques Langendorf, historien et écrivain

16h10 Discussion de clôture

Ferdinand Lecomte
(texte de D. v. Felten, Bulletin 3/2007)

C’est surtout en tant que biographe et éditeur du général Antoine-Henri Jomini que Ferdinand Lecomte est passé à la postérité, mais ce serait lui faire injure que de circonscrire sa carrière à ce seul aspect. En effet, Lecomte est un personnage d’une étonnante polyvalence : à la fois historien, analyste stratégique, instructeur militaire, colonel divisionnaire, grand commis de l’Etat, enseignant, ingénieur et journaliste.

Ferdinand Lecomte est né à Lausanne en 1819. Il suit dès 1841 les cours de l’école moyenne et industrielle de Lausanne et obtient son certificat le 23 septembre 1845.

Il décide en avril 1849 de rejoindre les rangs de la toute jeune section vaudoise de la société de la Nouvelle Zofingue qui deviendra par la suite l’Helvetia. Membre très actif du parti radical, il devient en 1850 rédacteur au Nouvelliste Vaudois et fonde un journal satirique nommé La Guêpe. Il entre la même année au conseil communal de la ville de Lausanne et y siègera jusqu’en 1853.

Outre son engagement politique, Lecomte partage son temps entre sa carrière civile et sa formation militaire. Ainsi, il enseigne l’histoire, l’instruction civique et la géographie à l’école moyenne de 1849 à 1854. En 1853, il entre à l’Etat-major général, avec le grade de premier-lieutenant. La même année, Lecomte est admis comme professeur à l’Ecole spéciale de Lausanne où il va enseigner pendant deux ans.

En 1856, il fonde la Revue Militaire Suisse dont il sera l’animateur principal pendant trente-neuf ans.
En 1859, il est envoyé par le Conseil Fédéral comme observateur auprès des troupes franco-piémontaises alors en guerre contre l’Autriche. De retour en Suisse, il est nommé en 1860 à la tête de la Bibliothèque cantonale qu’il dirigera jusqu’en 1875.

Lecomte fait paraître en 1861 la première biographie du payernois Antoine-Henri Jomini, qui sera suivie de deux autres en 1869 et en 1888. Ancien général de l’armée napoléonienne, Jomini est alors considéré comme le premier stratégiste d’Europe, ses travaux faisant autorité. Son œuvre biographique va apporter à Lecomte une renommée durable et contribuer à faire de lui le plus prolifique des historiens militaires vaudois.

En 1862 et en 1865 il a l’occasion de prendre part activement à la Guerre de Sécession américaine, notamment comme aide de camp du général Mac Clellan. Il en publiera d’ailleurs un récit très remarqué.

Définitivement de retour en Suisse, il est alors régulièrement employé, parallèlement à son activité de bibliothécaire cantonal, comme instructeur et professeur aux écoles militaires de Thoune et sera promu colonel en 1867. Il épouse, peu de temps après sa nomination, Françoise Hostache dont il aura deux fils.

Ferdinand Lecomte prend en 1875 le commandement de la IIe Division. La même année, il est nommé chancelier de l’Etat de Vaud, charge qu’il occupera jusqu’à sa mort.

Ferdinand Lecomte décède à Lausanne le 21 décembre 1899.