Bulletin no. 2/19 – Mai 2019

Bulletin no. 2/19 - Mai 2019 (11.0 Mo)

Edito
Vous avez osé…

Hommage à Pascal Petter
par Olivier Meuwly

Soirée-débat
“Démocratie directe: quelles limites pour la majorité?”

Apéros sous la tonnelle
Chardonne

Rendez-vous culturel
La villa “Le Lac” de Le Corbusier

A la découverte de Lavaux
Balade avec le Lavaux Express

L’écho du Grand Conseil
Catastrophisme ambiant au Grand Conseil

Les jeunes ont la parole
Business as unusual

Dossier
Lausanne, capitale mondiale de la tapisserie
Conférence sur la Fondation Toms Pauli

Droit au but
Mon mari est parti

Le nouveau Comité
La photo 2019

Clic clac

La gâchette
Les rois et reines du tir 2019/19

Assemblée générale 2018
Procès-verbal

Calendrier

Marc Mousson (1776-1861)

Trajectoire fascinante mais méconnue que celle de Marc Mousson! Ce fils de pasteur originaire de l’Ariège et bourgeois de Morges en 1791 assurera à lui seul une sorte de continuité informelle du pouvoir helvétique pendant plus de 30 ans, durant les heures tumultueuses de la République helvétique, de la Médiation et de la Restauration.

Né le 17 février 1776, Mousson opte pour la profession d’avocat, avant de se laisser happer par le tourbillon politique. Membre de l’Assemblée provisoire en 1798, il en devient le secrétaire, à la demande du président Glayre. Puis il suit son mentor à Aarau, premier siège du Directoire helvétique, dont il est le secrétaire général. Sa carrière de grand serviteur de l’Etat commence!

Loyal et compétent, il survivra aux nombreuses secousses qui malmènent la République, sans crainte de se brouiller avec La Harpe, qu’il refusera de suivre dans une tentative de coup d’Etat, en 1800. A peine l’encre de l’Acte de Médiation est-elle sèche qu’on retrouve Mousson dans les couloirs de ce qui tient lieu de gouvernement suisse, avec le titre de chancelier. Proche du landamann Louis d’Affry, il sera également fort apprécié de son successeur, le Bernois Rodolphe de Watteville.

Mousson sait se rendre indispensable et participe de fait à la conduite du pays. Les puissances qui se penchent sur le destin de l’indisciplinée Confédération à la chute de l’Empereur ne s’y trompent pas: ils ont compris qu’ils possèdent en Mousson un interlocuteur dont l’influence dépasse de loin le périmètre de ses compétences effectives.

L’Autriche et la Prusse honoreront d’ailleurs le Morgien, véritable “ministre qui n’en a pas le nom” comme le qualifie Georges Andrey, de prestigieuses décorations. Au faîte de son influence, il intercédera en 1814 en faveur de son canton, soucieux de ne pas retomber dans l’orbite bernoise, par ses relais auprès des cours européennes…

La Restauration, qui n’épargne pas la Suisse, ne déplaît pas à Mousson. L’ancien révolutionnaire, homme foncièrement modéré, se montre vite sceptique envers les mouvements plus libéraux, en phase ascendante au fur et à mesure que les puissances imposent à la Suisse une politique plus draconienne, notamment en matière de presse.

Il donne sa démission le 29 juillet 1830, alors que s’ouvre une ère nouvelle, qui ne correspondait guère à ses aspirations profondes. Son fils Henri lui succédera, pour trois ans seulement, puis deviendra bourgmestre de Zurich en 1836, donnant l’exemple rare d’un Romand qui a pu s’imposer dans un canton alémanique. Marc Mousson s’éteint paisiblement le 21 juin 1861.

Georges Andrey et Maryse Oeri von Auw, Marc Mousson. Premier chancelier de la Confédération, Bière, Cabédita, 2012

Bulletin no. 1/19 – Mars 2019

Bulletin no. 1/19 - Mars 2019 (11.6 Mo)

Edito
2019, année du renouveau

Rendez-vous culturel
La Maison de la Rivière

Assemblée générale 2019
Mercredi 3 avril 2019

Sortie de printemps
Lyon et sa gastronomie

Grandes figures vaudoises
Marc Mousson

L’écho du Grand Conseil
La Fête des vignerons au Grand Conseil

Les jeunes ont la parole
Une mise sous tutelle larvée des communes

Dossier
Fête des Vignerons 2019
Interview avec l’historienne Sabine Carruzzo-Frey

Visite apéro
Mercredi 10 avril 2019 au Musée de la Confrérie des Vignerons à Vevey

Sondage sur les activités du Cercle
Les résultats

Cœur à cœur
Il va falloir mieux écouter le malade!

Clic clac

Droit au but
Accidenté, je ne peux plus skier: qui va payer?

Assemblée générale 2018
Procès-verbal

Calendrier

Françoise-Louise de Warens (1699-1762)

Françoise de la Tour naît à Vevey le 31 mars 1699. Tôt orpheline de mère, elle ne sait pas encore, lorsqu’elle découvre la nature au domaine des Bassets, que son destin se glissera dans une fabuleuse épopée où s’entremêlent politique, affaires et rayonnement intellectuel. Son puissant charisme, où la charité le dispute parfois à la naïveté, fournit toutefois à Louise une inépuisable énergie à laquelle aucune difficulté ne résiste.

Mariée à l’âge de 14 ans à Sébastien-Isaac de Loys, seigneur de Warens, la pieuse Françoise-Louise, éduquée dans une ambiance piétiste, est une femme de caractère. Alors que ses liens avec son époux se distendent, elle mène sa propre existence, prend amant et s’initie au monde des affaires. En 1725, elle crée une manufacture de bas, qui périclitera.

C’est l’année suivante que se produit le grand tournant de la vie de Françoise-Louise. Séduite par les charmes de l’Eglise après un voyage à Aix, elle suit les conseils d’une parente résidant en Savoie, s’enfuit et, obéissant à de “vrais motifs de conscience” selon Anne Noschis, embrasse la religion catholique. Scandale à Vevey, mais aubaine à Turin, où le roi de Piémont-Sardaigne célèbre ce ralliement inespéré et enrôle la convertie à son service.

Bénéficiaire d’une pension, heureuse à Annecy et dans sa nouvelle confession, Madame de Warens, désormais nantie du titre baronne, ne tarde pas à manifester son attachement à sa nouvelle patrie, récolte d’utiles renseignements et reçoit en ses murs des aventuriers qui rêvent de libérer le Pays de Vaud de la férule bernoise.

Car la belle espionne a fait sien le projet de son royal protecteur : récupérer les anciennes terres savoyardes sises au nord du Léman! Alors, Françoise-Louise, une “Major Davel en jupon”, comme le suggère sa biographe? En tous cas, la monarchie sarde finira par renoncer à ses ambitions conquérantes.

D’autres joies l’attendent: celles de l’esprit. En 1728, en route vers Turin, Rousseau fait halte chez Madame de Warens. Les écrits et la pensée de “Petit” témoignent de l’influence que “Maman” a eue sur lui: l’initiation qu’elle lui a prodiguée ne fut pas qu’intellectuelle, mais n’en a pas moins permis au jeune Rousseau de modeler sa réflexion psychologique et pédagogique, que l’on retrouvera dans ses futurs grands textes.

Rousseau parti, Madame de Warens, toujours généreuse, s’adonne aux affaires: mines de fer au Mont-Blanc, fabrique de poteries, domaine campagnard aux Charmettes, acquis avec Jean-jacques, houillères près de Chambéry. “Businesswoman” de talent, elle se fera néanmoins évincer ses entreprises et finit sa vie modestement. Elle s’éteint le 29 juillet 1762.

Anne Noschis, Madame de Warens. Educatrice de Rousseau, espionne, femme d’affaires, libertine, Editions de l’Aire, Vevey, 2012